24 HEURES APRÈS AVOIR SIGNÉ, J’AI DÉMISSIONNÉ!

J’avais envoyé une quinzaine de CV, postulé sur cinq ou six postes intéressants, mais je n’avais décroché que deux entrevues. Le stress commençait à monter… Et, quand on m’a finalement offert le travail que j’espérais le plus, j’ai signé le contrat, puis j’ai rappelé le lendemain… Pour démissionner!

Lorsque je repense à ça, je ne peux faire autrement que d’être fier de moi. C’était à l’été 2017. Nous avions décidé de quitter le Lac-St-Jean pour avoir accès à des services qui répondraient davantage aux besoins de notre plus jeune enfant, puis de nous installer dans la région de Lanaudière.

LA RECHERCHE D’EMPLOI

Mes patrons m’avaient permis de conserver mon emploi, à distance, pour l’été. Mais, je savais pertinemment que je travaillais avec une « date d’expiration » et que j’allais bientôt me retrouver sans rien…

J’avais débuté mes démarches avant de déménager, en commençant par mettre mon curriculum vitae à jour. J’en avais profité pour faire le point sur mes compétences, sur ce que je recherchais, sur ce qui m’allumait vraiment. J’avais l’aide d’une ressource locale qui m’alimentait aussi sur les opportunités.

Puis, le 16 juin 2017, nous sommes atterris dans Lanaudière, mais je n’avais toujours aucun emploi en vue.

ÇA SONNE!

Mi-juillet, je commençais à être un peu nerveux en regardant notre compte en banque et en m’imaginant les scénarios possibles advenant que je ne trouve rien. Finalement, soulagement, on m’a convoqué en entrevue pour le poste qui m’allumait le plus. Yeah!!!

Je me souviens que l’entrevue ait été corsée. Le comité de sélection avait de bonnes questions, mais j’étais reparti de là avec le sentiment de m’en être assez bien sorti. Le boulot collait bien avec mes compétences, mes intérêts et depuis quelques années déjà, je disais à mon entourage que ce serait le type de défi qui m’intéresserait. Bref, je laissais mon sort entre leurs mains, en espérant un coup de fil.

Puis, en revenant à la maison, j’avais un message sur ma boîte vocale. Non, on ne m’offrait pas le poste.

C’était un autre employeur qui me convoquait aussi pour une entrevue. Quoi? Deux en même temps?

Le lendemain, je devais donc « vendre ma salade » une fois de plus. Cette fois-là, je me rappelle que ça se soit passé encore mieux. J’avais senti que l’entrevue s’était très bien déroulée. Tellement bien que, pour être honnête avec vous, j’étais convaincu qu’on m’offrirait le travail.

En revenant à la maison, ma femme était heureuse que je lui dise ça mais moi, dans un grand questionnement existentiel, j’avais rajouté: « Ouin… Mais j’ai l’impression que je vais m’ennuyer dans ce travail-là. Je ne suis pas sûr que je vais accepter. Je préfèrerais celui d’hier, mais je ne crois pas que je vais l’avoir. Je pense que je vais refuser celui que j’obtiendrai et qu’on ne m’offrira pas celui que je veux. »

J’avais peut-être dormi sur le sofa ce soir-là…

ON ME RAPPELLE

L’option 1 m’a rappelé et, surprise, m’a offert le travail. J’étais vraiment content puisque c’était le poste que je convoitais le plus. Rapidement, celle qui allait devenir ma patronne m’avait donné rendez-vous à son bureau pour me faire visiter les lieux, me parler plus en profondeur du travail et pour signer un contrat en bonne et due forme.

À peu près tout était conforme à ce que je m’attendais, mais il y avait quelque chose qui clochait au fond de moi.

Difficile à expliquer… Comme un petit pressentiment. Une impression que ce ne serait pas ce que j’imaginais, que je ne m’épanouirais pas autant que ce que j’espérais. Je trouvais les lieux ternes, cloisonnés. J’avais comme un sentiment d’étouffement.

Je n’étais pas enchanté des conditions non plus et j’avais besoin d’une certaine flexibilité d’horaire que je n’avais pas. Ce dernier point était excessivement important pour moi parce que je savais que, si mon employeur ne me permettait pas d’avoir un horaire malléable, j’allais me sentir constamment pris à la gorge, tiraillé entre mes valeurs personnelles, mes engagements familiaux et mon désir de performer et de répondre à mon mandat professionnel.

Malgré le doute, j’avais signé au bas de la feuille, me convaincant que ce moment de doute n’était que passager et que, quelques heures plus tôt, j’aurais fait presque n’importe quoi pour obtenir cet emploi.

J’étais reparti avec un cartable pour me « mettre dans le bain ». De la « lecture de chevet » avant de commencer un nouvel emploi, comme on dit! Pour bien comprendre les rudiments de mon nouveau travail et commencer du bon pied.

Le soir-même, j’avais commencé à le feuilleter. Alors que je m’attendais à avoir hâte de le maîtriser, à avoir envie de le dévorer, c’est exactement le contraire qui s’était produit. J’avais réessayé à nouveau le lendemain matin, mais le résultat était toujours le même.

Je soupirais, je ne le « feelais » plus, et je trouvais que c’était lourd. Je n’étais pas emballé et je m’apprêtais à commencer un nouvel emploi à reculons.

Je m’étais pourtant promis de ne jamais faire ça dans ma vie.

SUIVRE SON INSTINCT

C’est difficile à expliquer, mais mon instinct me disait qu’il était préférable de ne pas m’aventurer dans un nouvel emploi que je risquais de laisser tomber après quelques mois. Autant pour moi que pour l’organisation. Je suis le genre de gars qui accepte des mandats à long terme et je me voyais mal me lancer dans un projet sans en être convaincu totalement.

J’avais pris la peine de ressasser ça de tous les côtés pendant la journée et j’avais un peu de difficulté à me comprendre moi-même.

Ce n’était pas parfait, mais il y avait assurément pire dans la vie…

C’était vendredi.

À cet instant, je me rappelle que j’étais dans ma voiture. Je me suis stationné sur l’accotement, puis j’ai décidé de suivre mon instinct. Je ne voulais pas que ça me trotte dans la tête toute la fin de semaine.

J’ai pris le téléphone, j’ai demandé à ce que mon contrat soit détruit, puis je suis allé reporter le cartable.

Wouâhhhhh!!!

Quand j’y repense, ça prenait quand même du front pour oser faire ça. J’étais mal à l’aise, mais je me sentais bien en même temps. Même si toutes les raisons m’ayant conduit à prendre cette décision n’étaient pas claires à 100%, j’avais écouté mon coeur et ma petite voix intérieure.

J’avais espoir que quelque chose qui me rejoindrait davantage m’attendait quelque part.

ET PUIS…

La responsable de l’emploi #2 m’a téléphoné durant le week-end pour m’offrir à son tour un boulot. J’étais content parce que j’étais persuadé que l’entrevue s’était excessivement bien déroulée. J’avais tellement dit à ma blonde que je l’aurais que je n’avais pas envie de perdre la face et que ce ne soit pas le cas!

Mais, j’avais aussi affirmé que je craignais de m’ennuyer avec cet emploi et que je ne pensais pas l’accepter…

Il fallait tout de même que j’aille au fond des choses. J’avais l’impression de ne pas en savoir assez. J’étais curieux et ça aurait être bête de ma part de ne pas pousser jusqu’au bout afin d’aller chercher les réponses à mes interrogations. Le mandat de base était fort intéressant et je savais que j’avais les compétences pour un tel emploi. Dès que je l’avais vu affiché, j’étais fortement interpellé.

Donc, avant de décliner l’offre, j’ai demandé à rencontrer une deuxième fois certains membres du comité de sélection, question d’en savoir plus sur le boulot et de valider les conditions d’embauche.

Puis, dans une maison privée, autour d’un café, vous ne pouvez même pas vous imaginer à quel point ça a cliqué!

Une description de tâches, ça n’en dit jamais autant que de vraies personnes qui travaillent sur le terrain. Et, en entrevue, on se fait souvent poser des questions, mais on n’en relance pas toujours suffisamment pour bien saisir tous les détails du travail.

Je m’attendais à une rencontre de 15-20 minutes, mais celle-ci a duré plus d’une heure et demie!

Le travail était nettement plus emballant que ce que je croyais et semblait fait sur mesure pour moi. Vraiment, le mandat me collait à la peau à 200%!

Leur vision des choses était exactement comme la mienne, il y avait des tonnes de beaux défis à l’horizon, beaucoup de place pour de la flexibilité d’horaire, une excellente compréhension de ma réalité familiale et des conditions conformes à ce que je recherchais, incluant un travail de 28 heures par semaine (je ne souhaitais plus travailler 5 jours, question de réussir à trouver un équilibre entre le boulot, la vie de famille, mes projets personnels, les défis de santé et les rendez-vous de mon plus jeune et d’avoir du temps pour moi et pour mieux gérer les tâches familiales).

Si j’avais pu, j’aurais commencé à travailler le lendemain matin!

Je sentais que cette fois-là, j’étais au bon endroit. Non seulement cet emploi allait de pair avec mes compétences, il rejoignait aussi mes intérêts personnels, mes valeurs et allait me permettre de faire ce que je préfère dans un job: Travailler avec les gens, animer des groupes de travail, créer des liens et contribuer au changement.

MON BOULOT

Depuis un peu plus d’an an, parallèlement au projet « Un gars un père », j’occupe un poste d’agent de développement pour les comités d’usagers du Nord de Lanaudière, du Centre de réadaptation en déficience physique et du Centre de réadaptation en DI-TSA de la région.

J’informe les usagers du système de santé et de services sociaux sur leurs droits, je fais le suivi de leurs insatisfactions, je les accompagnent s’ils souhaitent porter plainte, etc.. Je suis aussi en charge de bâtir des ponts avec les chefs de programme et avec la direction afin d’améliorer les services.

Aujourd’hui, quand je repense à tout ça, je ne peux faire autrement qu’être fier de moi. Ça aurait été facile de me diriger vers ce qui était signé et il a fallu un certain culot pour que j’ose rappeler le lendemain afin de demander l’annulation de mon contrat.

Mais, je suis convaincu que c’était la chose à faire et la suite m’a prouvé qu’effectivement, ma « petit voix » intérieure n’avait pas fait fausse route.

Comme quoi, rien ne vaut l’instinct dans la vie!

Le travail occupe trop de place dans notre vie pour que l’on ne s’y sente pas confortable.

Jamais, non jamais, je n’accepterai un emploi à reculons.

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5 réflexions au sujet de « 24 HEURES APRÈS AVOIR SIGNÉ, J’AI DÉMISSIONNÉ! »

  • 21 août 2017 à 1 h 24 min
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    Quel témoignage inspirant et rafraîchissant. Merci pour ce partage, ça commence bien la semaine. Bon succès au boulot en septembre !

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  • 21 août 2017 à 3 h 01 min
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    Wow! Bravo! L’habit ne fais pas toujours le moine! Parfois il faut lui enlever son manteau… LOL! Bref! Ma petite voix intérieure n’est pas toujours écouté et souvent je m’en mords les doigts…. Ton témoignage va m’aider à lui faire davantage confiance! Merci!

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  • 21 août 2017 à 3 h 47 min
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    Tellement d’accord !

    J’ai bâti une maison avec le feeling que ça serait « trop »… Comme c’était le métier de mon père, je me suis laissée convaincre que ça n’était que quelques mois et c’était logiquement pour le mieux. Sauf que mon père s’est gravement blessé durant la construction !!! Je vous laisse imaginer la galère !

    Quand j’ai eu le feeling qu’il fallait que je démissionne et renonce à toute mon ancienneté à la commission scolaire pour un poste de remplacement de… 3 semaines (!!!) j’avais la tremblotte avant de faire le moove !!! Sauf que tout en moi me disait que c’était la voie à suivre, et avec ce que j’avais vécu avec la construction, je n’avais pas envie de me fier au rationnel… J’ai donc accepté le remplacement… qui s’est prolongé jusqu’à la fin de l’année scolaire, et il s’est avéré que les jeunes avec qui j’ai travaillé ont été des anges-gardiens lorsque ma fille s’est mise à fréquenter leur cercle d’amis pas très recommandables: c’étaient des jeunes qui avaient des troubles graves du comportement… mais avec qui j’avais un très bon lien. Alors comme l’un d’eux m’a dit: « Pas question que quelqu’un touche à ta fille !!! » J’ai ADORÉ ce travail avec une équipe formidable où j’ai énormément appris: enfin, je pouvais utiliser mon potentiel à fond !

    Merci de ton témoignage ! En plus, on parle souvent de l’intuition féminine… comme si les gars n’en avaient pas ! Il faut seulement y prêter attention, homme ou femme !!!

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    • 23 août 2017 à 2 h 41 min
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      Wow! Beau témoignage et ça démontre bien aussi à quel point les « anges-gardiens » ne sont pas toujours nécessairement ceux que certains auraient pu croire au départ. Félicitations! 🙂

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  • 21 août 2017 à 15 h 06 min
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    Ça prend effectivement beaucoup de cran pour suivre sa  » petite voix intérieure « . Toutes mes félicitations pour votre courage et votre intégrité! Bon succès!!!

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