Ai-je le cancer? (partie 2/2)

J’ai l’habitude de me retrouver dans les hôpitaux, surtout pour mon plus jeune qui a des problèmes de santé et des besoins particuliers. Je n’étais pas à l’aise avec le fait que, soudainement, tout était en train de s’orchestrer autour de moi-même.

Pour lire la première partie du texte, c’est ICI.

Les résultats du TACO

Lorsque mon néphrologue m’a téléphoné, une semaine après avoir passé mon TACO (plutôt que les 4-6 semaines d’attente qui étaient prévues), il m’a rassuré en me disant que tout semblait normal au niveau des reins. Première bonne nouvelle, donc rien d’alarmant à ce stade-là en ce qui concerne les traces de sang dans l’urine. Après avoir pris une petite pause, il a enchaîné avec la suite que j’attendais un peu moins:

« Par contre, il y a d’autres notes du radiologiste au dossier dont il faut parler. C’est un peu pour ça que j’hésite toujours à faire passer des TACO chez les patients relativement jeunes puisque quand on fouille, on finit souvent par trouver quelque chose qui n’est pas nécessairement grave. »

À ce moment-là, il m’a expliqué qu’il y avait une anomalie sur mon foie (oui, cet organe dont on ne parle jamais sauf lorsque l’on fait des blagues sur Éric Lapointe), mais que c’était possiblement une simple dilatation de vaisseaux sanguins appelée « hémangiome ». Je voulais bien le croire, mais la nervosité a tout de même pris une coche supplémentaire en moi. Il allait donc me faire un papier pour une échographie que je pourrais passer prochainement.

J’allais raccrocher en ayant l’intention de passer cette foutue échographie le plus vite possible afin de clore le dossier, mais il m’a fait comprendre qu’il n’avait pas terminé de lire les notes du radiologistes.

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« Il y a le foie… Mais il y a aussi les intestins. On voit une inflammation du gros intestin. Pas partout, c’est assez localisé, mais anormal. Le radiologiste suggère une consultation avec un chirurgien… »

Eh! Ben! Peut-être un problème qui expliquerait mes maux de ventre, je ne demandais pas un TACO aussi efficace, wow! Mais, pourquoi un chirurgien?

« Parce que c’est lui qui va analyser les images et voir s’il y a lieu de te faire passer une colonoscopie. Mais, tsé… Il n’y a pas d’urgence. Je vais envoyer la requête pour que tu puisses le voir d’ici deux mois. Tu préfères que ça se fasse à Roberval ou à Alma? »

Est-ce qu’il y a un endroit où la drogue est plus efficace qu’à l’autre?, lui ai-je demandé pour fixer mon choix.

Un système de santé qui va à toute vitesse

J’ai téléphoné à l’hôpital et je me suis mis sur la liste d’attente pour l’obtention d’une échographie. La dame m’a précisé que je devrais recevoir un appel au cours des prochaines semaines pour fixer un rendez-vous.

Deux jours plus tard, on me téléphonait.

Wow! Notre système de santé fonctionne à vive allure, quelle surprise!

J’étais réellement impressionné, mais il subsistait toujours en moi cette foutue possibilité que tout ça soit un « signe de la vie pour me sauver d’un problème majeur », comme un cancer qui devrait absolument être pris en charge MAINTENANT. Le lendemain, je commençais à mieux respirer (même si mes maux de ventre me causaient de plus en plus d’inconfort), quand le téléphone a retenti une fois de plus.

Vous ne le croirez pas, mais cette fois-là, c’était la secrétaire du chirurgien (oui, celle qui devait m’appeler dans un délai de deux mois) qui me donnait un rendez-vous avec le médecin. Là, j’ai commencé à capoter pas à peu près. Rapidement, je l’ai rencontré. Il a regardé les images devant moi et m’a confirmé qu’il y avait quelque chose d’anormal au niveau de l’intestin, mais qu’il pourrait tout simplement s’agir d’une image prise lors d’une contraction intestinale. Moi, comme tout gars qui n’a pas l’habitude de se faire rentrer des objets dans le derrière, je me suis risqué en lui demandant s’il était nécessaire de passer une colonoscopie ou s’il serait envisageable d’attendre un peu pour voir si la douleur disparaitrait d’elle-même.

À cette question, il m’a répondu: « Tu sais, des cancers chez des jeunes de ton âge, j’en trouve des dizaines à chaque année et j’aime mieux les trouver pendant qu’il est encore temps. Je vais demander à ce que l’on puisse te passer dans les deux prochains mois. »

Merci de me rassurer, doc!

Et jusque là, je n’avais encore jamais prononcé le mot « cancer » devant lui. Le fait que ce soit lui qui le nomme m’a fait freaker un peu plus…

Je ne savais pas s’il était sadique, inhumain, professionnel ou tout simplement réaliste, mais en sortant de son bureau, je me suis assis dans mon auto, j’ai pris de grandes respirations, j’ai senti les larmes monter et la chienne me pogner drette au coeur.

Crever à 35 ans, avec une femme et deux jeunes enfants que j’aime, ça ne faisait pas partie de mes plans.

Puis, j’ai tourné la clé, j’ai écouté le vrombissement du moteur pendant une minute ou deux sans sortir du stationnement, puis je me suis bombé le chest un peu et j’ai décollé.

Au fond, je ne pouvais pas m’apitoyer sur mon sort… Il fallait que j’aille à la maison vérifier si tout était en ordre du côté de mon assurance-vie.

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4 réflexions au sujet de « Ai-je le cancer? (partie 2/2) »

  • 30 janvier 2017 à 15 h 17 min
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    Bonsoir M. Quessy,

    Merci de nous avoir partagé cette expérience anxiogène au dénouement heureux.

    Nous vivons ma conjointe et moi une situation génératrice d’anxiété dont le point de départ est une échographie morphologique de 20 semaines d’un petit bout de vie issu de la fécondation in vitro. Le radiologue a détecté une anomalie cardiaque qui pourrait être bien des choses: fibrome, lipome, etc. On nous redirige immédiatement vers la gynécologue de garde afin d’obtenir une consultation pour une échocardiographie foetale à Sainte-Justine. Nous demeurons tétanisé sur nos chaises respectives et sommes dans l’impossibilité de poser la bonne question; on nous demande toujours si l’on a des questions dans ces moments d’intensité. Nous vivons maintenant dans l’anticipation d’un diagnostiqué bien défini. L’écho en question a eu lieu. La cardiologue en analysant les images de la technologue a effectivement identifié ce qui pourrait être un fibrome bien que le développement du fœtus et du coeur se fasse normalement mais n’exclue pas un rhabdomyome souvent associé à une condition génétique rare: sclérose tubéreuse de Bourneville dont les manifestations de la maladie vont de l’épilepsie réfractaire à des problèmes de rein. Encore une fois, à l’écoute du diagnostique putatif, nos chaises respectives se font tétanisantes. On nous réfère alors au centre intégré de dépistage toujours au CHU Ste-Justine étant donné la condition génétique qui pourrait toucher bébé 2. On rencontre des professionnels de la génétique humaine nous proposant, entre autres choses, une amniocentèse pour caryotypage et séquençage et autres examens chez ma conjointe et moi afin de détecter quelconques marqueurs de prédisposition. Je crois que j’en avais assez entendu. Voulez-vous connaître le futur de bébé 2 par le contenu de son génome et celui de ses parents? Intérieurement, mon gut feeling me dit que non; la boîte de Pandore doit demeuré fermé. Le jugement de ma conjointe va dans le même sens. Nous ressortons de cette entrevue complètement déstabilisé. Est-ce qu’il y a un modérateur dans la salle? Heureusement, la journée s’est bien terminé par la rencontre de la gynécologue qui a su tempéré toutes ces informations. On se doit de vous présenter aussi le worst case scenario Elle sera désormais celle qui suivra ma conjointe. Sa grossesse est désormais sous haute surveillance. Non, nous n’opterons pas pour l’eugénisme que pourrait représenter une interruption de grossesse basé sur une simple probabilité. Je veux faire confiance en la vie qui habite cet amoncellement de cellule; le bonheur se décline sous toutes ses nuances de gris…

    Le suivi que nous offre le CHU Ste-Justine est d’un professionnalisme exemplaire. Les délais ont été très courts pour l’obtention de rendez-vous. Devons-nous cela à la chance? Je ne crois pas; le dévouement de ces professionnels sait contourner ce qui semble être décrié envers notre système de santé.

    Je dois avouer que toute cette attente est cauchemardesque mais une grande leçon d’humilité. Ça replace l’anxiété à la bonne place. Le soupir de soulagement viendra peut importe l’issu. On s’inqiètera toujours pour nos mômes présent et à venir. Mon grand garçon de 4.5 ans me donne chaque jour un beau message d’espoir: en le regardant dormir il me donne la leçon de bien rêver sur mes deux oreilles peut importe mes peurs.

    Bébé 2 naîtra avec une crotte sur le coeur et un sourire à venir. C’est bien vrai maintenant, on a maintenant le CHU Sainte-Justine tatoué sur le coeur.

    Merci pour ce temps de lecture!

    Vincent

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    • 31 janvier 2017 à 5 h 53 min
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      Merci pour ce partage, Vincent! Effectivement, vous avez bien raison qu’attendre est toujours insoutenable et amène beaucoup d’anxiété. C’est vrai quand c’est pour nous-mêmes, mais autant plus vrai lorsqu’il est questions de nos enfants. Pour être suivis à Ste-Justine depuis que notre plus jeune a 3 mois pour plusieurs problèmes de santé (que vous connaissez peut-être si vous me lisez depuis un moment), nous n’y avons connu que des gens dévoués et très humains. Je souhaite une très belle fin de grossesse à vous et votre conjointe. Continuez de croire que tout ira bien et j’espère que les excellentes nouvelles suivront et que votre rejeton sera en parfaite santé. Merci de me lire et merci pour les bons mots!

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  • 30 novembre 2018 à 22 h 00 min
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    Ok… C’est fictif ce truc.. Tu vends des Assurances. Rien à foutres de ceux qui sont réellement malades au fond. Ta prise de conscience à but mercantile est vraiment gênante …

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    • 1 décembre 2018 à 1 h 34 min
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      Que dites-vous là??? Votre commentaire est complètement à côté de la track,je ne suis pas un vendeur d’assurances et il n’y a aucun lien commandité dans ce texte. Je ne sais pas d’où vous sortez, mais vous dites n’importe quoi.

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