Il mange avec des ustensiles

Il aura cinq ans dans cinq semaines et, enfin, il mange avec des ustensiles!

Manger un repas avec une cuillère ou une fourchette, ça a l’air tout simple. Il s’agit d’une habileté que les enfants commencent à développer habituellement aux alentours de deux ans. Ils débutent par la cuillère, en se salissant autant que s’ils faisaient tout avec leurs mains, puis l’exercice se raffine. Éventuellement, ils passent à la fourchette et ont de moins en moins le visage multicolore à la fin du repas.

Pour Mini, l’utilisation adéquate des ustensiles a toujours été un énorme défi. En plus d’avoir un développement qui se rapproche davantage de celui d’un enfant de 2 ans, de vivre avec une épilepsie non-contrôlée et d’avoir un déficit d’attention avec hyperactivité, il a aussi des problèmes de coordination des membres (incluant une démarche globale un peu chambranlante).

Donc, même si nous travaillions depuis trois ans afin de l’aider à utiliser sa fourchette et sa cuillère adéquatement et même si nous le motivions lorsqu’il parvenait à amener des aliments à sa bouche, nous sommes des parents réalistes et étions conscients qu’il nous faudrait peut-être plusieurs années avant d’arriver à des résultats tangibles.

Les mains

Qu’on se le dise: C’est tellement plus rapide de manger avec les mains! L’idée de s’en servir n’est donc pas totalement dénuée de sens!

Ici, nous les avons rebaptisées « ses grosses pattes d’ours » parce qu’il les utilise en faisant exactement le même mouvement qu’un ours qui tente d’attraper un poisson! En mangeant de cette façon, vous devinez qu’il devient les mains DÉ-GUEU-LASSES! Et, puisque son développement ne lui permet pas de le comprendre, il touche à tout autour.

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De plus, en étant incapable de rester en place très longtemps (nous avons abandonné depuis belle lurette le fantasme d’être une « petite famille modèle qui mange avec tous ses membres assis à table pendant 15 minutes en se racontant leur journée » et acceptions qu’il se lève et revienne prendre des bouchées de temps à autre), nous devons avoir des réflexes bien aiguisés pour réussir à le rattraper avec une débarbouillette mouillée avant qu’il ne touche aux fenêtres, aux toiles, au divan, etc.

Finalement, le fait qu’il mange avec ses mains est aussi problématique dans une certaine mesure puisqu’il a toujours eu l’habitude de mettre de grandes quantités de nourriture dans sa bouche. De ce fait, il prend très peu le temps de mâcher avant d’avaler. Je vous dirais même que, s’il s’étouffe, il n’a pas le réflexe lui permettant de recracher ou de faire remonter l’aliment problématique. Il a plutôt l’idée de se rajouter de la bouffe dans la bouche afin de « pousser sur ce qui accroche » ce qui, vous le devinez, peut être une bien mauvaise idée.

Une nette progression

Sans trop savoir pourquoi, au cours des dernières semaines, Mini s’est nettement amélioré à table. Il fut un temps où, en prenant le bain du soir, nous pouvions sentir ses cheveux et être en mesure de deviner quels avaient été les trois repas de la journée!

Euh… Non, je n’exagère pas!

Aujourd’hui, nous n’avons presque plus besoin de lui nettoyer le visage. De plus en plus, il le fait par lui-même pendant et à la fin du repas, mais sa face ne ressemble plus du tout à ce que nous avions il y a quelques mois. Nous avons l’impression qu’il commence à saisir la nécessité de se nettoyer. Il a peut-être aussi tout simplement envie d’être propre.

Il pique de mieux en mieux ses aliments avec sa fourchette. C’est littéralement le jour et la nuit avec ce que nous avions au début de l’été!

Il a aussi appris à se servir de ses deux mains, ce qui lui facilite énormément la vie. Ça a l’air anodin, mais le fait de réussir à stabiliser une assiette ou un bol avec la main gauche et de manger avec la main droite (la coordination des deux mains) constitue un gros pas vers l’avant pour Mini. D’ailleurs, chaque matin, en se levant, je lui fais un petit bol pour grignoter (des céréales sèches, du fromage et des fruits) et il se promène maintenant en tenant son bol de la gauche et réussit à manger dedans avec sa main droite, en marchant. Pour nous, le simple fait de le voir faire ça est absolument extraordinaire!

Émotionnellement

Bien au-delà du fait que ce petit pas en avant soit facilitant pour nous, comme parents, il y a toute les émotions qui viennent avec le fait de voir notre enfant s’améliorer. Avec notre premier garçon, ces apprentissages allaient de soi et se faisaient selon la « normalité des choses », en suivant le développement standard de l’enfant.

Comme dans les livres.

Je vous le dis, c’est bien moins compliqué quand notre enfant fait comme dans les bouquins!

Mais avec Mini, chaque petite amélioration devient un pas de géant. La première fois que je l’ai vu utiliser ses deux mains pour grignoter, debout, je devais avoir à peu près le même feeling intérieur qu’avaient les Américains lorsqu’ils ont vu Neil Armstrong planter leur drapeau sur la lune.

Chaque avancée, chaque progression vient me toucher en plein coeur parce que je suis conscient de tous les efforts que mon petit a mis pour arriver là. J’ai parfois l’impression qu’avoir un enfant à besoins particuliers demande 10 000 fois plus d’énergie, mais d’un autre côté, le retour du balancier se fait quand je vois ce qu’il réussit à accomplir.

Oui, je le réitère, ce serait bien moins compliqué s’il suivait le parcours tel que décrit dans les livres.

Mais, avoir deux enfants avec deux parcours totalement différents m’a appris à faire une chose: Apprécier plus intensément tout ce qu’ils accomplissent chaque jour!

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