L’INTÉGRATION EN MILIEU SCOLAIRE: UN GRAND DÉFI!

Si tout va comme prévu, à la fin de l’été, Mini entrera officiellement à l’école. Ouf! Juste l’écrire, il me semble que c’est gros, autant pour lui que pour nous. Ce qui nous rassure, en tant que parents, c’est que nous avons le sentiment qu’il se retrouvera au meilleur endroit pour lui, considérant ses défis, ses limitations et ses problèmes de santé.

Comme vous le savez, nous avons quitté le Lac-St-Jean en juin 2017 pour prendre la direction de Lanaudière afin d’être en mesure de mieux répondre aux besoins de notre plus jeune enfant. Avec ses problèmes de santé (épilepsie réfractaire, dysphagie, ataxie, déficit de l’attention, etc.) et sa déficience intellectuelle, n’ayant aucune école spécialisée dans notre ancien coin de pays ni aucune classe adaptée pour l’accueillir (on n’intègre pas un enfant avec une importante D.I dans un groupe de jeunes avec des problèmes de psycho-patho et l’intégration dans un groupe régulier n’est pas toujours possible non plus!), ça nous semblait inévitable comme choix.

Nous avons donc ciblé Joliette, sachant qu’il y avait une école toute neuve inaugurée en 2015, ayant le mandat régional d’accueillir les jeunes vivant avec une déficience intellectuelle moyenne, sévère ou profonde, parfois associée à un TSA et/ou d’autres problèmes de santé. Évidemment, nous n’avions pas l’assurance que Mini s’y retrouverait, mais nous savions que d’autres classes existaient sur le territoire, pour les cas de déficience légère.

Pour nous, il devenait donc excessivement rassurant de savoir qu’il y avait des options et que, peu importe où il débuterait l’école, il n’y avait pas de choix irréversible.

Après tout, la seule chose que l’on souhaitait (et c’est toujours le cas), c’est qu’il soit au meilleur endroit possible pour lui.

VISITER POUR MIEUX SE PROJETER

J’avais contacté l’école spécialisée l’année dernière. À ce moment-là, j’avais eu des échanges avec la directrice de même qu’avec la présidente du conseil d’établissement. Ces appels téléphoniques m’avaient permis de mieux comprendre le fonctionnement de l’école, le portrait des enfants qui la fréquentent, mais m’avaient surtout laissé une bien bonne impression des gens avec qui j’avais parlé. Même son de cloche à la commission scolaire, alors que j’avais discuté avec une conseillère pédagogique à quelques reprises.

Le côté « humain » a probablement eu une incidence sur notre choix de prendre le chemin de Lanaudière.

Puis, il y a quelques semaines, j’ai contacté de nouveau la directrice de l’école afin de lui demander si une visite était envisageable. Je ne savais pas si c’était possible, s’il y avait une « Journée portes ouvertes », s’il fallait visiter en groupe, etc.

Avec une grande gentillesse, elle a pris le temps de nous rencontrer, ma conjointe et moi, et nous avons visité les lieux (sans même savoir si notre enfant se retrouverait à cette école-là!). Il était important pour nous de pouvoir mettre le pied dans l’école, de visualiser l’espace, de mettre des images sur les locaux adaptés (le gymnase, la salle d’ergothérapie, la salle d’intégration sensorielle, l’espace qui peut recevoir de l’eau et qui ressemble à une grosse pataugeoire, les classes sur un seul niveau, etc.) et de voir Mini se promener d’un endroit à l’autre, à nos côtés.

Évidemment, il s’agit d’un milieu fort sécuritaire, à quelques pas de l’hôpital de Joliette, ayant presqu’autant d’employés que d’élèves (incluant aussi du personnel médical). Ce qui est aussi intéressant, c’est que les enfants peuvent y rester jusqu’à 21 ans et être intégrés sur des plateaux de travail. Ils voyagent tous en véhicules adaptés et il n’y a pas d’autobus jaunes. Ce sont tous des points rassurants.

Nous sommes donc repartis heureux d’avoir fait la démarche, sachant maintenant davantage à quoi nous en tenir.

LE TÉLÉPHONE

Il y a quelques jours, la sonnerie a retenti. C’était la conseillère pédagogique de la commission scolaire qui nous annonçait qu’après avoir étudié le dossier d’Éli-Noam (et avoir échangé avec les intervenants en place actuellement), une recommandation allait être faite pour qu’il soit admis à l’école spécialisée.

Âgé de 5 ans et 4 mois au moment d’écrire ces lignes, la plus récente évaluation faite par la psychologue du CHU Ste-Justine (à la fin de l’été dernier) ne statuait pas sur un degré de déficience intellectuelle puisqu’il était trop jeune et pas encore en mesure de répondre à toutes les évaluations requises pour arriver à un diagnostic clair et précis. Toutefois, il y était recommandé

« une scolarisation dans un milieu spécialisé offrant un enseignement adapté […], en mesure de soutenir et d’accommoder Éli-Noam en regard de ses besoins sur le plan de la sécurité (déplacements, épilepsie) et des soins physiques (propreté). »

Nous sommes donc dans une zone qui contient un peu de « gris » puisque les enfants admis à cette école doivent habituellement avoir un diagnostic de D.I qui répond à leurs critères de sévérité, ce qui n’est pas encore écrit noir sur blanc dans le cas de Mini.

Mais honnêtement, en tant que parents, puisque son retard de développement est de près de trois ans par rapport aux enfants de son âge, nous savons que nous nous dirigeons vers une déficience qui risque d’être de moyenne à sévère. De plus, les enjeux physiques et de santé sont assez importants et doivent être pris en considération dans son cas.

D’ici deux semaines, nous saurons donc si la recommandation a été retenue et s’il est officiellement admis à cette école pour l’année qui vient.

FAIRE PARTIE DE L’ÉQUIPE

Je l’ai dit à la conseillère pédagogique: Nous tenons à nous impliquer, à réfléchir avec eux, à prendre part aux décisions à leurs côtés. Encore une fois, sa réaction a été parfaite et j’ai l’impression que ce passage vers le milieu scolaire se déroulera doucement et positivement, entourés de bonnes personnes. C’est tellement primordial pour des parents, pour l’enfant et pour son futur milieu!

Comme je l’ai écrit plus tôt, l’important pour nous, c’est qu’il soit au meilleur endroit pour s’épanouir et se développer de façon optimale. Nous ne voulons pas qu’il soit dans une classe inappropriée s’il n’a pas les capacités d’y être tout comme nous ne souhaitons pas qu’il se retrouve dans une école entouré de cas trop lourds si c’est pour le ralentir. Dans les deux cas, cela ne favorisera pas son épanouissement.

Notre petit bonhomme est un cas unique!

Il est très peu attentif, il n’est pas propre, il ne comprend pas tout, il a un niveau de jeu qui n’est pas très élevé, il fait des crises d’épilepsie à tous les jours, il a des comportements répétitifs, il a un vocabulaire minimal, il a une logique limitée, etc.

MAIS…

Il marche, il court, il saute, il grimpe, il s’exprime, il rit, il danse, il chante, il est curieux, il interagit énormément et il est aimé de tous partout où il passe!

Notre défi en tant que parents, c’est de trouver à quel endroit il aura tout ce qu’il faut pour pallier à ses difficultés et l’aider à les améliorer, puis aussi toutes les possibilités de mettre en valeurs ses forces, ses intérêts et ce qui fait de lui un petit bonhomme exceptionnel.

Et c’est exactement ce que nous nous apprêtons à faire!

Commentez via Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *