ÉQUILIBRE

À travers la complexité de nos rôles de parent, de conjointe ou conjoint et de travailleur, vous est-il déjà arrivé de vous oublier? Moi aussi, il fut un temps où je n’écoutais plus ma « p’tite voix intérieure ». Pourtant, si on veut avancer et s’épanouir, trouver le juste équilibre est essentiel.

FRAPPER SON MUR

En 2010, j’ai démarré le blogue « Un gars un père ». J’étais sur le point de devenir papa, j’étais hyper-motivé par cette nouvelle vie qui se présentait à moi. Ma conjointe et moi voulions être parents depuis un bout de temps, mais notre rêve ne s’est pas réalisé aussi vite que prévu.

Est-ce que ça t’es déjà arrivé de souhaiter quelque chose profondément, mais d’avoir l’impression que la vie refuse tout simplement que ça t’arrive?

Ce n’était pas parce qu’on ne savait pas comment faire un bébé (s’il y a un mononcle qui me lit qui prévoyait me faire la blague, c’est raté!), c’était tout simplement parce que ça ne marchait pas à la même vitesse que la moyenne des couples!

À un moment où tout le monde croyait que tout allait bien pour moi (j’avais un nouveau travail, une nouvelle maison, une nouvelle voiture, j’étais nouvellement marié, j’allais avoir un nouveau bébé, etc.), j’ai frappé mon mur.

En apparence, j’avais tout.

Mais, tout était TROP.

Peu de temps après que notre enfant soit né, celui-ci a eu un important accident.

Par ma faute.

Et c’est véritablement là que j’ai chuté. Tous les stress vécus au cours des années précédentes (qu’ils soient positifs ou négatifs) s’étaient additionnés dans mon cerveau et dans tous les muscles de mon corps. Puis, comme si ce n’était pas suffisant, je n’étais pas simplement un nouveau papa, mais j’étais maintenant le plus incompétent des nouveaux papas!

Cette phase de ma vie, je n’en ai jamais parlé sur le blogue, ni publiquement. Je n’avais pas envie de crier mes faiblesses sur tous les toits. Je n’étais pas fier. J’avais terriblement honte.

Je venais de croiser celle que l’on appelle « la maladie mentale ».

SE RELEVER

Nouvellement papa, j’ai été en arrêt de travail complet pendant 5 mois. Durant cette période, je devais reprendre confiance en moi, apprivoiser mon nouveau rôle de père, espérer que ma femme ne me mette pas à la porte, gérer les problèmes financiers qui venaient avec un arrêt de travail, mais je devais surtout découvrir qui j’étais vraiment et ce que je voulais faire et devenir dans la vie.

Si tu as déjà vécu un « crash » comme ça, tu comprendras certainement ce que je veux dire si je te dis que c’était littéralement comme faire un « RESET » sur la personne que j’étais.

J’ai lu, noté, écrit, tenu un journal, repensé à ma vie, à mon travail, à mes valeurs, à ce que je voulais réellement, à ce que je ne serais plus prêt à accepter de la part des gens qui m’entourent, à mon mode de vie, etc. J’ai aussi profité de l’immense chance que j’avais d’être à la maison avec ma femme et notre nouveau-né, puis j’ai compris à quel point ma famille allait toujours être le centre de mon univers.

Finalement, je suis retourné au travail, progressivement.

Puis, j’ai démissionné, fièrement, un mois plus tard!

Je savais que j’allais quitter rapidement, mais je voulais y remettre les pieds, simplement pour boucler la boucle et repartir la tête haute.

J’ai décidé de ne pas regarder les offres d’emploi, mais en fonction de mes valeurs et de mes aspirations, d’aller rencontrer la directrice d’un organisme communautaire et de me présenter, en lui disant ce que je voulais, ce que j’étais capable d’accomplir, et en lui expliquant le désir profond que j’avais de travailler pour les familles et les enfants de ma communauté.

Une semaine plus tard, je coordonnais un regroupement de partenaires en petite enfance visant à mettre en place différentes actions pour favoriser le développement optimal des 0-5 ans. J’ai occupé ce poste pendant 6 ans.

Et, contrairement à ce que notre conseiller financier nous avait suggéré, nous n’avons jamais déclaré faillite et nous avons réussi à reprendre le dessus! En travaillant fort, en planifiant nos dépenses et en faisant certains sacrifices.

Mais je ne te dirai pas que ça a été facile! Juste à y penser, j’ai mal au ventre et le coeur qui me remonte dans la gorge…

ET MAINTENANT

Aujourd’hui, je suis prêt à aborder le sujet puisque je pense que, même après avoir surmonté une dépression majeure, la maladie mentale n’est jamais bien loin et est toujours prête à revenir dans le décor, si on ne réussit pas à saisir les signes avant-coureurs et à faire le nécessaire pour s’assurer de ne pas sombrer à nouveau.

Je suis toujours en quête du meilleur équilibre de vie possible, toujours en train de trouver les petits gestes que je peux poser, les changements que je peux apporter à ma routine de vie qui me permettraient de me sentir mieux.

Et, en tant que parent, il y a toute cette foutue « charge mentale » à laquelle je n’échappe pas, mais que je pense avoir réussi à dompter. Oui, j’ai dompté ma charge mentale!

Vous pourrez lire sur tout ça sur ce site et, si nous nous croisons, prendre le temps d’en jaser en personne avec grand plaisir!