PENDANT QUE LES MÈRES SONT À BOUTTE, TOUT EST COOL POUR LES PÈRES

Ces temps-ci, je lis beaucoup de parents blasés d’entendre ou de lire des « mères à boutte »(1) crier haut et fort que leur rôle de maman est lourd, voire insupportable, et qu’elles ont besoin d’une, de deux, de trois ou de quatre coupes de vin pour réussir à décanter et à avoir (Enfin!) un peu de temps pour elles.

Pendant ce temps-là, les hommes qui prennent la parole pour parler de paternité ou de parentalité (certes moins nombreux, mais de plus en plus présents et fiers de l’être) semblent bien aller, s’impliquer et s’épanouir dans leur rôle de père.

Est-ce que ces mamans sont représentatives de l’ensemble des mères et est-ce que les mères d’aujourd’hui sont à ce point « à boutte »?

Et, comment se fait-il que tout a l’air plus « cool » pour les gars?

LE BESOIN DE SE DÉMARQUER

Premièrement, ce ne sera un secret pour personne: Pour se démarquer sur Internet ou dans les médias, il faut être un expert dans son domaine, avoir une incroyable originalité, rejoindre un créneau bien précis, travailler fort ou parler plus fort que les autres.

Inévitablement, lorsqu’un ou plusieurs ingrédients parmi ceux-ci sont réunis, il y a de fortes chances que les auteurs apparaissent davantage sous vos yeux. Pour certaines et certains, c’est essentiel puisqu’il s’agit là de leur gagne-pain.

Qu’il soit question de parentalité, d’économie ou d’environnement, c’est la même chose dans tous les domaines.

Toutefois, ce n’est pas parce que nous sommes exposés à une source à une plus grande fréquence qu’il faut généraliser et penser systématiquement que les opinions qu’elle véhicule sont le reflet d’une société.

N’oublions pas qu’il ne faut pas tout prendre au premier degré et que bien des choses sont faites avec humour. L’objectif principal de ces nombreuses « mères à boutte » est probablement de déculpabiliser les mères qui seraient tentées de viser la perfection.

Gardons aussi en tête que nous sommes toujours libres de consommer ce qui nous intéresse et ce qui nous rejoint. Alors, je crois que tout le monde a sa place et qu’il suffit tout simplement de se diriger vers ce que l’on recherche, en tant que consommateur d’information ou de divertissement.

Si vous cherchez autre chose, je tiens aussi à mentionner qu’il y a encore une multitude de blogues hyper-pertinents écrits par des mamans beaucoup plus pondérées, qui osent exprimer leurs craintes et mettre des mots sur leurs souffrances, mais qui laissent aussi une gigantesque place à tout ce qu’il y a de beau et à tout ce qui fait que leur rôle de mère est ce qui leur est arrivé de plus extraordinaire dans la vie.

Ce sont souvent elles qui donneraient le plus envie aux femmes qui ne sont pas encore mères de le devenir.

Malheureusement, trop souvent, ces femmes restent dans l’ombre et ne ressortent pas autant du lot que les autres, alors on oublie qu’elles existent.

Pourtant, les vraies mamans et les vraies femmes que je vois autour de moi, c’est dans ce qui est produit sur ces plates-formes que je les reconnais davantage.

LA DICHOTOMIE MÈRES/PÈRES

Pendant que les mères font des scènes pour nous expliquer à quel point elles n’ont plus de vie, combien leur cerveau est toujours « à spin » et sur le point d’exploser, pendant qu’elles projettent qu’elles attendent impatiemment leur « VINdredi » depuis le lundi matin… Chez les gars, force est d’avouer que tout a l’air de bien aller!

Parce que oui, il y a des papas blogueurs et il y a des hommes qui prennent de plus en plus la parole pour parler de paternité et de parentalité sur les différentes plates-formes « famille ».

Personnellement, je le fais depuis 7 ans (alors que mon premier enfant était « en route ») et j’ai toujours eu envie d’être honnête envers moi-même et envers mes lecteurs. Je n’ai jamais voulu prétendre que tout était noir ou que tout était blanc, je ne suis jamais tombé dans des propos « extrêmes » ou provocateurs afin de chercher les clics, les réactions, les « partages » ou les abonnés sur les médias sociaux.

Je me démarque moins et je défile moins souvent sous les yeux de tout le monde. Mais je suis conforme à mes valeurs et à ce que je suis vraiment.

Quand ça va bien, je le dis et, quand j’aurais envie de remettre mes deux enfants dans l’utérus de ma blonde, je le dis aussi!

Toutefois, de façon générale, comment se fait-il que la maternité semble si « tough » et que la paternité ait l’air si « cool »? Comment se fait-il que l’approche des mères soit souvent si différente de celle des pères lorsque vient le temps de parler de vie de famille?

Le besoin d’affirmation

Je pense que, trop longtemps, les pères ont été relégués au rôle de second violon dans la cellule familiale alors que les mères portaient tout le bon fonctionnement de la maisonnée sur leurs épaules.

Aujourd’hui, les mères ressentent le besoin de crier « Hey, on n’est pas que des mômans! ». Les pères ont quant à eux envie de dire à la terre entière « Être papa, c’est cool et quand on m’en donne l’opportunité, je suis capable de faire absolument tout ce que ma blonde fait, à ma façon! »

C’est là où nous en sommes et ça donne deux approches totalement différentes, dont des mères qui veulent être entendues, qui prennent beaucoup de place et qui tiennent à mettre de l’avant leurs imperfections en tant que mère.

Et, on ne se le cachera pas, chaque mère veut être reconnue comme une femme à part entière, comme une amie, comme une conjointe, comme une amante, comme une professionnelle. Alors, bien des femmes se reconnaissent, en partie, dans les propos de celles qui parlent un peu plus fort parce qu’il y a une certaine revendication de l’importance de ces différents rôles.

Ça ne donne pas nécessairement envie aux femmes qui n’ont pas d’enfants d’en avoir, mais ça peut décrocher un sourire à celles qui en ont.

Du côté des gars, ce n’est pas toujours rose. Oui, parfois, on en a ras-le-bol et on aurait envie de vendre nos enfants sur « KID-JIJI ». Mais, ce n’est pas ce sur quoi on souhaite mettre l’accent. On a enfin la chance de s’épanouir dans notre rôle de père alors on veut surtout en profiter et contaminer ceux qui n’ont pas encore découvert tout ce que la paternité peut leur apporter de positif.

La charge mentale

Le sacré phénomène de la « charge mentale »! On pourrait en parler bien longtemps et ce sera assurément le sujet d’autres textes ici. Cette charge a probablement aussi une incidence sur le contenu qui nous est proposé.

Il s’agit d’un concept dont plusieurs mères se sont emparé avec énormément de vigueur. La charge mentale a le dos large pour justifier des comportements ou des « écoeurantites aiguës »!

Moi, je suis un papa. Je suis marié. J’ai deux enfants dont un ayant des problèmes de santé majeurs et une déficience intellectuelle importante.

 De la charge mentale, j’en ai moi aussi et j’apprends à « dealer » avec, parce que ça fait partie de la « game »! 

Beaucoup de mères se sont approprié le concept, comme si elles étaient les seules à porter cette charge.

Ce qui me rend complètement fou, c’est de voir le nombre de femmes qui se plaignent de devoir composer avec une charge mentale trop lourde, mais qui refusent d’être proactives pour faire le nécessaire afin que les choses changent.

« J’ai déjà assez de poids sur les épaules, je ne vais pas en plus me mettre le poids de devoir lui expliquer pourquoi c’est lourd et pourquoi j’aurais besoin qu’il me donne un coup de main! » [Le parfait exemple de quelqu’un qui se complaît dans une situation!]

De mon point de vue, la charge mentale, ça existe et il faut absolument qu’elle soit partagée entre les deux parents.

Le cas échéant, si tu vis avec une charge mentale trop lourde (penser aux repas, aux rendez-vous médicaux, aux rencontres de bulletin, au cadeau pour la prochaine fête d’ami, etc.) et que tu acceptes de l’endurer sans rien faire pour remédier à la situation, difficile de ne pas y voir une certaine forme d’acceptation…

Ce que je trouve fascinant, c’est aussi les mères qui se plaignent alors que leur vie n’est que la vie « standard de n’importe qui ayant décidé d’être parent »: Préparer les repas, faire le ménage, aller travailler, donner un coup de pouce pour les devoirs, aller aux rencontres de bulletin, passer chez le doc, essayer de trouver un peu de temps pour soi, etc.

Oui, c’est parfois épuisant, mais il n’y a rien là-dedans qui n’était pas prévu… Tout ça est écrit dans le contrat de base quand on devient parent, en gros caractères sur la page-titre!

Quand tout ton monde est en santé (physiquement et psychologiquement), que tu es dans une situation financière correcte, que tes enfants suivent le parcours scolaire attendu et qu’ils se développent au rythme des enfants « normaux », pense à prendre quelques secondes pour l’apprécier occasionnellement…

Parfois, je me demande si certaines sont devenues mères par choix ou si elles ont été enfantées après avoir perdu un concours à la courte paille…

ON EST CHANCEUX: ON EST PARENTS!

Peu importe comment on vit sa parentalité et quel côté de celle-ci on souhaite partager, je crois qu’il y a de la place pour tout le monde et qu’il faut simplement choisir ce qui nous interpelle le plus en fonction des différentes étapes de nos vies.

Nous sommes tous dans le même bateau, avec nos beaux moments et nos « passes » plus difficiles. Il vaut parfois mieux en rire pour les traverser!

Gardons surtout en tête que nous sommes excessivement privilégiés. Parce que oui, à mes yeux, être parent est un privilège et les aspects négatifs ne font pas le poids devant ce que ça apporte de positif.

Amusons-nous, profitons-en, aimons-nous et rions souvent!

 

(1): Ce texte ne vise personne en particulier, aucun blogue, aucune entreprise, pas plus que l’émission de télévision du même nom. La réflexion est par rapport à l’ensemble des mères qui prennent la parole, que ce soit sur des blogues, sur les médias sociaux, dans les journaux, à la radio ou à la télé pour nous répéter à quel point leur quotidien est épuisant.

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