Sauter dans le vide pour son enfant

Lorsque mon deuxième garçon est venu au monde, j’ai compris après quelques mois qu’il aurait une vie parsemée de défis. Je ne savais toutefois pas quelle serait l’étendue de ces défis ni jusqu’où ils me mèneraient.

Une prise de conscience

Il y a quelques semaines, je le regardais aller en l’imaginant faire son entrée dans le milieu scolaire. Conscient de ses différences, de ses crises d’épilepsie quotidiennes, de sa démarche chambranlante, de son langage très limité, de son retard de développement important qui se dirige presqu’inévitablement vers un diagnostic de déficience intellectuelle, je me suis dit que les prochaines années seraient de plus en plus lourdes à porter pour toute la famille.

Je me doutais que cette prise de conscience arriverait un jour ou l’autre.

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Un enfant à besoins particuliers nous amène sur des chemins différents

 

 

Nous savions qu’arriverait, un jour où l’autre, cette grande réflexion. Avec les diagnostics qui se précisent pour notre plus jeune, nous en sommes rendus au point où, pour avoir accès aux services qui lui seront le plus bénéfiques, nous nous demandons s’il faudra tout laisser derrière nous.

Mini a maintenant 4 ans et demi, il fait toujours des crises d’épilepsie quotidiennement et la déficience intellectuelle tend à se confirmer de plus en plus (reste pratiquement juste à définir le degré de sévérité et à son âge, il est encore périlleux de se mouiller). Il fréquente actuellement un CPE absolument extraordinaire et nous sommes entourés d’intervenants fantastiques avec qui la collaboration est excellente.

Cependant, nous voyons l’école approcher de plus en plus et sommes confrontés à plusieurs questionnements. Normalement, à l’automne prochain, ce serait la Passe-Partout et l’année suivante, l’entrée à la maternelle.

Services adaptés limités

Ma femme est enseignante et je fréquente aussi plusieurs personnes qui travaillent pour la commission scolaire, dans le cadre de mon travail. Tout plein de gens d’exception avec du bagage impressionnant, une bonne vision et un profond désir de favoriser le développement optimal de tous les jeunes.

Malheureusement, malgré la bonne volonté de tout le monde, la réalité demeure que, dans notre coin du Lac-St-Jean, comme c’est aussi le cas ailleurs, lorsque l’on a un enfant avec des besoins particuliers, j’ai l’impression que les options ne sont pas toujours aussi nombreuses que dans les grands centres, voire même d’une région à une autre. Lire la suite

Être différent, c’est cool!

 

 

 

Les enfants sont parfois beaucoup plus tolérants et ouverts d’esprit que nous, les adultes. Nous devrions nous inspirer de certaines de leurs réactions…

En fin de semaine, mon plus vieux (qui vient tout juste d’avoir 6 ans) participait à une activité spéciale de bricolage organisée par la municipalité. Au retour, nous avons eu cet échange dans l’auto :

– Moi : « Ça a bien été? »
– Grand Fils : « Oui, papa, j’ai aimé ça! Et sais-tu quoi? Il y avait un enfant différent. Il était handicapé, en fauteuil roulant. »
– Moi : « Good! Il faisait les activités avec vous? »
– Grand Fils : « Oui, et il était chanceux, il avait une éducatrice avec lui. En plus là, il était full bon. Vraiment, l’éducatrice elle l’aidait un peu, il était full bon! »
– Moi : « Super ça! Est-ce qu’il pouvait parler? »
– Grand Fils : « Oui, mais pas avec des mots. Il faisait juste des sons. Sauf que quand il faisait ses sons, ça voulait dire quelque chose. Il fallait juste comprendre quoi… »
– Moi : « Wow! Parfait! »
[Silence]
– Grand Fils : « J’aime ça les gens différents moi. C’est cool! Il faut comme juste essayer de les comprendre pour pouvoir les aider. Mais, c’est cool! »

 

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