4 ÉTAPES POUR CHANGER SA VISION ET OSER VOYAGER

Avec un enfant malade ou à besoins particuliers, se priver n’est pas la meilleure option.


Temps de lecture : 6 minutes

Plusieurs parents ayant des enfants malades ou à besoins particuliers disent nous admirer parce que nous « osons » quitter le pays et voyager avec les nôtres, malgré les particularités du plus jeune.

Pourtant, en 4 étapes simples, vous pouvez transformer complètement votre approche et y arriver, vous aussi.  Et les retombées iront bien au-delà de ce à quoi vous vous attendez.


UNE RÉALITÉ À CONSIDÉRER

Pour des parents d’enfants neurotypiques en parfaite santé, voyager amène son lot de stress et de préoccupations:

  • Vont-ils bien respecter les consignes?
  • Comment ira le trajet en avion?
  • Réussirons-nous à apporter tout ce qu’il faut?
  • S’adapteront-ils bien à la nourriture sur place?
  • Que ferons-nous avec eux si la température n’est pas clémente?

Vous pourriez probablement ajouter des dizaines d’autres questions à cette liste.

Pour les parents d’un enfant malade ou à besoins particuliers, de nombreux enjeux s’ajoutent à cette énumération. Par exemples:

  • Est-ce que son état de santé sera stable pendant notre séjour?
  • Comment réagira-t-il dans un nouvel environnement?
  • Que penserons les autres?
  • Sera-t-il dérangeant?
  • Avons-nous toute notre trousse de médicaments?
  • En cas de pépin de santé, y a-t-il un hôpital ou une clinique à proximité?
  • Est-ce que mon enfant aura une couverture d’assurance adéquate?

Ici aussi, l’énumération pourrait s’étirer. 

Il est essentiel de tenir compte de la réalité de chaque cas. Malheureusement, parfois, certains enfants ne peuvent pas voyager parce que leur condition est trop fragile ou imprévisible. Cela ne signifie pas qu’ils ne voyageront jamais, mais peut-être que le moment n’est tout simplement pas propice pour le faire.

N’oubliez pas: ce n’est pas parce que ça ne se fait pas maintenant que ça ne se fera jamais.

D’autres parents se retrouvent dans une situation différente qui pourrait s’apparenter à la nôtre.

Je pense ici à des enfants avec des problèmes de santé variés (une épilepsie réfractaire pour nous),  devant composer avec une déficience intellectuelle ou physique (intellectuelle dans notre cas), ayant un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme ou d’un autre trouble neurodéveloppemental, souffrant d’allergies, ayant un trouble neurologique ou de santé mentale (TDAH, anxiété, dépression), etc.

Chaque cas est unique.

Si vous vous reconnaissez, que vous n’avez pas toujours le contrôle sur la santé ou la condition de votre enfant, si vous avez vécu des expériences angoissantes par le passé (des problèmes de santé sévères, des hospitalisations, de mauvaises expériences lors de sorties, une instabilité de l’état de santé de votre enfant, etc.), il est tout à fait normal d’avoir des craintes et de vous poser la question:

« Voyager, est qu’on peut se le permettre? Est-ce qu’on est capables? »


CE QUI NOUS DONNE VRAIMENT LA FROUSSE

Avoir envie de voyager en famille, c’est un désir que plusieurs parents ressentent intensément. Pour bien des gens, prendre l’avion, partir à l’aventure, décrocher en famille est un but, un idéal, un rêve depuis que leur premier enfant a vu le jour

Si votre enfant a des besoins particuliers ou une condition de santé spécifique (mais stable), pourquoi vous en priver?

Certes, votre situation nécessitera possiblement des mesures et des précautions supplémentaires. Mais, si vous n’osez pas le faire, quelles seront les conséquences?

Vous commencerez peut-être à ressentir de la frustration en voyant toutes les autres familles se le permettre autour de vous. Celle-ci pourrait éventuellement se transformer en une forme d’envie ou même vous faire ressentir un sentiment d’injustice qui deviendrait très lourd à porter avec le temps.

« Ça va bien, eux. Leurs enfants sont en parfaite santé. Ils voyagent. La vie est belle. Nous, non seulement on ne voyage pas, mais notre réalité au quotidien est pas mal plus compliquée que la leur. J’aimerais bien ça les voir à notre place pendant une semaine… »

Se priver de voyager en raison de l’état de santé ou des besoins particuliers de son enfant peut provoquer une gamme d’émotions néfastes, mais surtout un sentiment d’injustice grandissant.

Ne croyez-vous pas qu’il serait bien triste d’en venir à vous convaincre que vous êtes confiné à une réalité quotidienne triste, lourde et limitante? 

Comme si voyager en famille était inatteignable. Comme si ce n’était pas « pour vous ».

Éventuellement, non seulement vous entretiendrez peut-être une relation amère envers les voyages et les familles qui en font, mais vous pourriez en venir à voir la condition de votre enfant comme étant un frein, une barrière à la réalisation de ce qui fait battre votre coeur et pourrait vous permettre d’avoir un moment de répit.

C’était ma vision il y a quelques années. J’en étais rendu à me convaincre que notre destin était de ne pas pouvoir voyager « à cause » des problèmes de santé de mon plus jeune.

Ultimement, l’acceptation de la maladie ou des besoins particuliers de votre enfant pourrait être plus difficile puisqu’elle vous causera préjudice. Elle vous empêchera de vivre de beaux moments en famille. Des moments magiques que les familles « normales » peuvent vivre.

Des moments précieux que vous méritez pourtant tout autant qu’eux. 


CHANGER SON ÉTAT D’ESPRIT

Surprenamment, si la condition de santé d’un enfant est stable, il y a souvent moyen de mettre tout en place pour que le séjour se passe bien. Dans la plupart des cas, ce qui amènera les parents d’enfants à besoins spécifiques à prendre la décision de mettre les voyages de côté, ce ne sera pas uniquement la condition de leur enfant. 

S’il y a une chose qui est reconnue pour paralyser l’être humain, c’est bien la peur.

Non seulement la peur que quelque chose arrive à notre enfant, mais encore plus profond que ça: la peur de ne pas avoir tout fait pour que tout se déroule bien et pour assurer sa sécurité et son bien-être.

La peur de ne pas avoir pensé à tout. La peur que les autres puissent nous reprocher quelque chose, que l’on puisse se culpabiliser soi-même.

La peur, comme parent, de ne pas avoir su être à la hauteur.

Pourtant, tout parent aimant et bienveillant qui souhaite réaliser un tel projet, en famille, a la capacité d’y arriver et de le faire adéquatement, intelligemment, dans le meilleur intérêt de tous les membres de la famille.

Mais, il y a la peur.

Pour renverser cet état d’esprit et oser aller de l’avant, 4 étapes peuvent faire une très grande différence:

1- S’engager

Décider de faire le saut. Magasiner, sélectionner et confirmer un achat, une réservation, un départ. S’engager.

À partir du moment où vous aurez osé vous commettre, vous ressentirez possiblement une incertitude soudaine, mais celle-ci laissera rapidement place à une excitation et à une forme d’adrénaline.

L’engagement deviendra votre déclencheur et, vous verrez, tout le reste suivra.

2- Planifier en famille

Ce voyage ne sera votre voyage. Ce sera celui de votre famille. Ce sera le voyage de tout le monde, pour tout le monde. Vous le vivrez ensemble alors planifiez-le ensemble et tentez de prévoir tout ce qui pourrait arriver comme pépins et les solutions potentielles. Si l’un de vos enfants a certaines limitations ou une condition dont vous devez tenir compte, considérez-le et faites des choix conséquents, en famille.

Ainsi, l’anticipation sera positive pour tous et vous ne porterez pas l’entière responsabilité de ce qu’il adviendra du voyage.

3- S’organiser

Ce sera essentiel, parfois peut-être éreintant, mais ne perdez jamais de vue que c’est faisable, que vous le méritez et que vous en ressortirez tous grandis. D’autres le font et vous y arriverez aussi. Encore une fois, l’apport de tous les membres de la famille sera gagnant.

Fouillez sur Internet. Regardez des images, des itinéraires, lisez sur les forums, parlez-en avec d’autres parents ayant des enfants à besoins particuliers. Prenez le temps, en famille, de visionner des extraits de voyage que d’autres familles ont vécu au même endroit où vous irez. Cela préparera tout le monde et le niveau d’excitation montera d’un cran.

4- Avoir conscience des autres, mais penser d’abord à sa famille

Ce voyage-là, vous le ferez pour vous. Pour votre famille. Parce que vous en avez envie, parce que vous en avez rêvé, parce que vous le méritez et parce que vous avez tout en vous pour y parvenir. 

Pour 1001 raisons, peut-être que vous attirerez parfois l’attention. Acceptez-le.

Souvent, la différence intrigue et les gens ne sont pas mal-intentionnés. Si vous avez assez d’énergie et s’ils sont disposés à échanger avec vous, prenez le temps de leur expliquer votre réalité. Sinon, mettez-vous la tête sous votre carapace et poursuivez votre chemin, en profitant de chaque instant et en immortalisant le plus possible votre séjour, en photos et en vidéos!


DES RÉSULTATS MAJEURS

En ce qui me concerne, apprendre à voyager avec un enfant ayant des problèmes de santé, une épilepsie réfractaire, une déficience intellectuelle, un TDAH intense (et d’autres petits diagnostics pour nous garder bien occupés) m’a fait grandir.

Voyager n’est plus un « idéal à atteindre », mais c’est littéralement devenu un incontournable, un besoin, une récompense pour tout le monde. Il s’agit aussi du meilleur moyen de décrocher complètement du quotidien et de vivre du positif, en famille. 

Mes garçons se rapprochent aussi beaucoup en voyage. Comme si les différences du plus jeune cessaient d’exister et comme si le fait d’être dans un environnement où nous nous sentons tous privilégiés nous ramenaient à l’essence-même, à notre petit noyau familial si précieux.

En fait, voyager est un peu une façon d’être comme tout le monde. De nous prouver que nous avons la capacité d’y arriver. 

Et, ultimement, cela nous aide fort probablement à accepter beaucoup mieux la maladie.

Bon voyage!


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