BESOINS PARTICULIERS ET MALADIES: SE PRÉPARER POUR VOYAGER

Quelques astuces peuvent faire toute la différence


Temps de lecture : 6 minutes

Lorsque j’ai rédigé ce texte initialement, nous étions de retour d’une semaine en République dominicaine.  Pourtant, un mois plus tôt, mon plus jeune, qui a de nombreux problèmes de santé (épilepsie non-contrôlée, déficience intellectuelle, dysphagie, etc.), était aux soins intensifs, au CHU Sainte-Justine. 

Malgré cela, nous venions, une fois de plus, de réussir à quitter le pays. Je vous explique comment et je vous donne mes astuces.

UNE PRÉPARATION STRATÉGIQUE

Ce n’est pas toujours évident de voyager avec des enfants. Lorsque ceux-ci ont des conditions de santé particulières ou des besoins spécifiques, la situation peut se complexifier assez rapidement. On comprend vite pourquoi plusieurs parents baissent les bras et choisissent de toujours remettre « à plus tard » les voyages qu’ils aimeraient tant faire en famille.

Si vous faites partie de ceux-là, je vous suggère fortement de lire ce texte puisqu’avant toute préparation « technique », il faut d’abord être convaincu soi-même.

De nombreux parents disent « admirer » ceux qui osent quitter le pays avec de jeunes enfants. Personnellement, je n’ai jamais craint de voyager avec mes enfants. Je vous dirais même que je considère essentiel de leur faire voir le monde autant que possible.

De plus, fait surprenant, je dois vous avouer que ma conjointe et moi trouvons Mini beaucoup plus facile à « gérer » à l’extérieur de la maison: il s’adapte très bien aux nouveaux environnements, il adore voyager et vivre différentes expériences avec nous et cela nous donne une pause des comportements répétitifs à la maison ( « flusher » la toilette, grimper partout, salir les meubles et les fenêtres, etc.).

Évidemment, voyager avec de jeunes enfants demande de la planification (vous pouvez trouver plein d’articles sur Internet gorgés de trucs pour parvenir à vivre d’agréables séjours sans vous arracher les cheveux).  Mais vous comprendrez que lorsque l’un des enfants a des problèmes de santé, le défi devient d’autant plus important.

Mais, c’est possible et je vais vous expliquer de quelle façon nous nous y préparons!

On approche!

Choisir l’endroit

Pour l’instant, nous optons pour des « tout-inclus ». Évidemment, ce n’est pas une formule dans laquelle nous partons énormément à l’aventure, mais nous réussissons toujours à faire une activité/excursion pour sortir du « resort ». Plus tard, nous redeviendrons un peu plus « explorateurs »!

Pour choisir notre lieu de séjour, nous commençons par cibler un pays. Puis, nous déterminons dans quel coin de ce pays nous aimerions aller. Par la suite, avant même de regarder les hôtels potentiels, nous faisons des recherches sur les hôpitaux et les cliniques médicales.

Oui, nous magasinons les hôpitaux et les cliniques avant les resorts! On peut trouver beaucoup d’informations sur les forums et les sites Internet. Une bonne part du mérite revient à ma femme là-dessus, je vous l’avoue.

Une fois que nous savons où se situent les services de santé fiables, nous commençons à fouiller pour trouver un hôtel à proximité, accueillant pour une petite famille comme la nôtre.

Puisque Mini a une poussette adaptée et a une capacité physique sous la moyenne, nous essayons d’aller dans des endroits où les distances à parcourir à pieds ne sont pas trop importantes et où les poussettes et chaises roulantes peuvent circuler aisément.

Considérant sa déficience intellectuelle et son TDAH, avoir une plage où nous pouvons être assez près de l’eau est toujours gagnant puisque ça lui évite de trop se promener et de partir dans tous les sens.

Il est donc plus facile pour nous de se créer un petit coin pour l’encadrer (nous sommes des pros pour délimiter un espace avec des chaises-longues, tout en étant bien orientés par rapport au soleil!).

Shops des locaux le long de la plage

Être bien protégés

Comme n’importe qui, nous nous assurons lorsque nous partons en voyage. Cependant, presque toute assurance a des clauses en ce qui a trait aux « troubles médicaux préexistants ». Ça, c’est une vraie galère! Assurez-vous de contacter votre fournisseur pour bien comprendre de quoi il s’agit lorsqu’il est question de troubles médicaux préexistants et comment ils peuvent influencer votre couverture.

Dans le cas de Mini, la plupart de ses problèmes de santé sont stables, exception faite de son épilepsie puisque nous modifions régulièrement sa médication, sans véritable succès toutefois.

En plus de la protection de base que nous avons avec notre carte de crédit, nous assurons notre famille avec une police supplémentaire chez iA Groupe Financier.  Nous sommes assurés là depuis plus de 10 ans et iA offre l’assurance voyage de TuGo, ce qui fait toute la différence et nous permet de partir l’esprit tranquille puisque cette police exige une période de stabilité beaucoup plus courte que ce que l’on retrouve sur le marché. En tout cas, si vous trouvez mieux, laissez-le-moi savoir!

Pour revenir à Mini, contrairement à ce que l’on pourrait penser, son assurance n’est pas plus dispendieuse qu’une autre. Donc, on ne se ruine pas en raison de la maladie de l’enfant, chose qui nous a étonné au début puisque nous nous attendions à des soumissions hors de prix pour l’assurer.

Nous avons aussi une assurance annulation de voyage, ce qui nous sécurise, surtout lorsque nous faisons l’achat du forfait plusieurs mois à l’avance. Disons que ça peut éviter de perdre un gros montant d’argent en cas de pépin. À chacun de prendre sa décision, mais pour nous, c’est sécurisant. Parfois, lorsque l’on achète un forfait plusieurs mois à l’avance, cette assurance est incluse d’emblée. Informez-vous!

Finalement, je fais souvent une démarche avec l’Office du tourisme du pays où nous nous dirigeons, au Québec. Cela me permet de vérifier toutes les informations de base, en ayant un service en français. À plusieurs reprises, ils ont pris le temps de communiquer avec l’hôtel où nous nous dirigions.

Nous sommes même déjà arrivés dans un resort, au Mexique, avec un papier du médecin qui nous attendait sur notre porte de chambre. Ce dernier nous avisait qu’il était au courant de notre situation, qu’il était sur place et qu’il souhaitait nous voir à notre arrivée pour prendre connaissance de l’état de santé de Mini et pour voir si nous avions fait bonne route.

Et, non, il n’y avait pas de facture au bout de ça!

Alors oui, c’est possible de partir l’esprit en paix, si on planifie adéquatement.

Le travail avec notre équipe médicale

Avant de partir, nous discutons avec tous les spécialistes de Mini. Ils savent donc que nous prévoyons quitter le pays, ils nous font leurs recommandations et nous prescrivent les médicaments nécessaires au cas où certains problèmes spécifiques survenaient (en cas de crise d’épilepsie prolongée, en cas de pneumonie due à une aspiration de liquides infectieux, etc.).

Nous avons donc une valise réservée exclusivement à la condition de santé de Mini : Les médicaments habituels, les « au cas où », les compotes pour prendre tout ça, etc. Évidemment, celle-ci nous suit dans l’avion et partout où nous allons. Cette année, nous en avions pour 7,6 kilos!

Jamais cela ne nous a causé problème au moment de franchir les douanes, que ce soit aux États-Unis, au Mexique, à Cuba ou en République dominicaine. Mais, je vous garantie que cette valise est aussi précieuse à nos yeux que nos passeports! Et, c’est toujours amusant de voir la tête de la personne qui l’ouvre pour en faire l’inspection aux douanes.

Nos spécialistes sont tellement dans le coup qu’il nous est même déjà arrivé d’ajuster un médicament à distance, avec notre pédiatre. Celui-ci savait que nous étions à l’extérieur du pays et, en quelques secondes, nous avons réussi à l’avoir au bout du fil, dans le lobby de notre hôtel!

L’IMPORTANCE DE VOYAGER

Voyager nous permet de décrocher, de délaisser la routine, de vivre des moments positifs en famille. C’est pourquoi, chaque année, nous faisons des efforts pour mettre un peu d’argent de côté afin de réussir à partir une semaine, tous ensemble.

Donc, oui, voyager est possible si on le veut vraiment et si la condition de l’enfant est suffisamment stable.

Même s’il a des besoins particuliers ou une maladie!


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