LE « WAITER PRINCIPLE »

Comment un concept simple du monde de la restauration peut changer la vie d’un parent


Temps de lecture : 6 minutes

Lorsque j’étudiais à l’Université Laval, je travaillais en restauration les soirs et la fin de semaine, sur l’Île d’Orléans. Ce qui m’a le plus marqué, c’est sans contredit le patron qui ne tolérait pas qu’une serveuse ou un serveur entre en cuisine sans avoir quelque chose dans les mains.

J’ai adapté cette ligne de conduite à ma vie de parent et il en résulte, ni plus ni moins, une règle de base qui me fait sauver énormément de temps et d’énergie.


UN ENVIRONNEMENT DANS LEQUEL ON SE SENT BIEN

Transposer un concept du monde de la restauration à la vie familiale peut vous sembler étrange. Mais, je vais vous expliquer comment cette approche fait une grande différence dans ma vie et pourrait avoir un impact majeur sur la vôtre aussi.

Tout d’abord, j’ai baptisé ce concept le « Waiter Principle ». 

Pourquoi en anglais? Simplement parce que je trouvais que ça sonnait beaucoup mieux qu’en français! 

Et pourquoi j’en suis venu à développer cette façon de voir les choses? Carrément parce que je n’en pouvais plus de voir la maison et la cour devenir bordéliques. 

Ma femme me dirait: « Franchement! Ce n’est jamais si pire que ça. Arrête de nous faire passer pour des cochons! »

Je tiens simplement à spécifier que certaines personnes ont plus de tolérance que d’autres devant le désordre. Pour ma part, voir des jouets partout, de la vaisselle sale qui traîne, un comptoir qui n’est pas nettoyé, un plancher plein de poil de chien, des fenêtres avec des traces de doigts à gauche et à droite: ça nuit énormément à mon sentiment de bien-être.

Honnêtement, quand de telles scènes s’additionnent, j’en viens à ne plus rien voir d’autre et j’ai presque l’impression d’étouffer. 

Pour moi, ma maison doit être un lieu où je me sens bien. Et, pour y parvenir, j’ai besoin que ce soit minimalement ordonné. Puis, je comprends très bien que mon besoin ne se situe pas nécessairement au même niveau que celui de ma femme.

Elle pourrait me répondre qu’elle a « lâché prise » sur le ménage et que je devrais en faire autant. Pour moi, le principe du lâcher prise ne s’applique pas dans une telle situation parce que j’ai le pouvoir d’agir pour changer les choses.

Maintenant, si vous croyez que j’ai besoin d’une évaluation psychologique, je pense que vous pouvez aller lire un autre texte qui vous sera possiblement plus utile.

Par contre, si vous vous reconnaissez, bienvenue dans l’équipe!


LE CONCEPT

Ce que j’ai baptisé le « Waiter Principle » est très simple et se base sur deux lois fondamentales:

  • Ne jamais passer à côté de quelque chose qui traîne sans le ramasser;
  • Nettoyer moins, plus souvent.

Ça a l’air simple, mais ça ne l’est pas tant que ça!

En fait, encore aujourd’hui, le « Waiter Principle » est un défi quotidien pour moi. Je dois constamment l’avoir en tête, être prêt à faire un petit effort supplémentaire dans l’immédiat afin d’éviter de me taper une corvée et des émotions négatives plus tard.

Par exemple, si je vais ranger des décorations dans mon cabanon, au fond de la cour, et que mon plus jeune a laissé traîner une pelle au milieu du chemin entre le balcon et le cabanon.

Il est très facile de passer à côté, de baisser les yeux, de la regarder, mais de ne rien faire. Par contre, je sais très bien que, quelques minutes plus tard, lorsque je serai dans la maison et que je regarderai ma cour arrière, je verrai la pelle qui traîne.

En faisant un tout petit effort au passage, j’aurais pu m’en débarrasser et la mettre à un meilleur endroit.

Le même principe s’applique dans la maison. Par exemple, s’il y a deux paires de pantalons dans les escaliers, pliées, qui sont là pour être rangées au deuxième étage, il est très facile de monter pour aller chercher autre chose, mais d’éviter de faire l’effort de prendre les vêtements au passage et de remettre ça à plus tard.

Pourtant, ce n’est pas si difficile.

Vous pouvez appliquer le « Waiter Principle » avec un jouet qui attire votre regard en plein milieu du salon, avec un sac de plastique qui se balade sur votre gazon ou avec n’importe quoi qui vous achale et qui devra inévitablement être ramassé, rangé ou éliminé.

Ça a l’air simple, n’est-ce pas?

Je vous mets au défi, pendant une seule journée, de porter attention à toutes les fois où vous ne ramassez pas un objet en passant à côté.

Comptez-les. Juste pour le plaisir.


PAS À MOI DE TOUT RAMASSER

J’en entends me dire: « Hey! Ce n’est pas à moi de tout ramasser pour tout le monde! »

Excellent point. Et vous avez tout à fait raison.

Le but du « Waiter Principle » n’est pas de tout faire à la place des autres, mais de faire immédiatement ce que l’on aurait fait plus tard et qui nuit à notre sentiment de bien-être au présent.

Évidemment, si vous ramassez tout, si vous nettoyez tout, si vous faites le lavage, le ménage, la vaisselle et que vous vous tapez toutes les tâches domestiques sans avoir l’aide de votre partenaire de vie et sans responsabiliser les enfants, c’est un autre enjeu. 


Quand je pense au « Waiter Principle », je le fais pour moi-même. Pas pour les autres. 

Cet objet qui n’est pas au bon endroit ou cette fenêtre à laver, je sais que personne d’autre ne s’en occupera. Si ça m’énerve, c’est mon problème alors je le règle maintenant.

Si vous trouvez la volonté de mettre ce principe en pratique et que vous l’appliquez plusieurs fois par jour, je vous garantie que vous vous sentirez mieux très rapidement.


DES INCONTOURNABLES

Pour réussir à appliquer le « Waiter Principle », je me suis vite rendu compte qu’il y a trois incontournables:

1- Prendre conscience de chaque geste

Je dois toujours être conscient de l’impact de ces petits efforts.

Je peux l’appliquer cinq, dix, douze, vingt fois par jour. Lorsque j’ai envie de laisser la paresse l’emporter, j’essaie de toujours me rappeler que la somme de ces « mini-gestes » m’enlève, au bout du compte, une tonne de pression.

2- Le faire pour soi-même

C’est tellement tentant de ne pas faire l’effort de ramasser quelque chose et d’attendre que quelqu’un d’autre le fasse. Malheureusement, j’ai compris que cette façon de penser m’amène de la déception et des frustrations. 

J’essaie donc de toujours me rappeler que je le fais avant tout pour moi.

3- Ne pas rendre les autres coupables

Du point précédent découle celui-ci. L’être humain est ainsi fait: quand on fait certains efforts supplémentaires et que le résultat est bénéfique pour nous, mais aussi pour les autres autour, on aime bien que nos efforts soient reconnus.

À la maison, il devient extrêmement facile de rappeler aux autres tout ce que l’on a fait et de leur remettre sous le nez tous nos efforts. Ça aussi, c’est un réflexe qui s’explique, surtout en les voyant relaxer et prendre du bon temps alors que l’on court à gauche et à droite.

Si vous tentez l’expérience de leur faire des reproches, vous risquez de vous faire répondre quelque chose comme: « Tu décides de ramasser à cette vitesse-là, assume. »

Et, avec du recul, j’ai compris que ceux qui répondent ça n’ont pas tout à fait tort. 

À partir du moment où l’on décide de passer à la vitesse « grand V », tenter de culpabiliser les membres de notre famille provoquera seulement des conflits et nous replongera dans un sentiment de frustration.


LA DIFFÉRENCE POUR MOI

Ce que le « Waiter Principle » a fait dans ma vie, c’est m’apporter une rigueur supplémentaire et une prise de conscience sur l’impact des gestes qui peuvent pourtant sembler anodins.

Il en résulte un environnement familial globalement plus propre et plus zen. De plus, la cette façon de faire me permet d’avoir un peu plus de temps libre, ce que je n’avais pas anticipé au départ.

En effet, en posant de petits gestes à gauche et à droite, j’accumule moins les tâches, celles-ci ne sont pas constamment en train de prendre de l’ampleur et les corvées de soir et de fin de semaine sont moins lourdes. Cela améliore aussi mon humeur, mes relations familiales et, fait surprenant, peut même donner envie aux autres d’en faire autant.

Alors, je vous lance le défi: prenez conscience du nombre de fois, chaque jour, où vous repoussez une petite tâche que vous pourriez régler immédiatement. 

Puis, essayez de faire autrement et voyez le résultat. 


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